Encore en rade à Bahia Negra (Paraguay)

Publié le par Voyageur

Mardi 28

 

Hier soir suis donc allé dans le bar branché, avec  musique de la radio locale, entrecoupée des activités de la région (culte, arrivée du bateau dans 4 jours, l'heure de la sieste...) ainsi que annonces à vendre et donner contre bons soins (enfin peut-être, vu que ça ne parlait qu'en Guarani). Parfois dynamique quand une fille parlait, et parfois narcotique quand gogolito (si,si, il parle, ou plutôt essaye de parler) parle. Je comprends donc mieux pourquoi le bar est quais vide et la ville couchée très tôt !

 

Seule chose à faire dans le bar, observer les insectes, qui sont légion ! C'est assez que j'ai vu une fourmi téméraire passer sous le ventre d'une grosse araignée. La nourriture qui vient à elle, quelle aubaine ! Mais non, l'araignée à pris ses pattes (qu'elle a nombreuse) à son coup et à décampé aussi sec ! Soit les araignées ne mangent pas les fourmis, soit ces dernière pratique un art martial quelconque, se sont les petites fourmis qui mangent les grosses araignées, bref, il faudra que je fasse un enquête !

 

Comme dab, dès qu'on est à table, une multitude de chien viennent chercher l'ami qui leur donnera à manger. Dans quasi tous les pays traversés, nombres de chiens vivent dans la rue, parfois en petite meute, qui aurait tendance à inquiété l'européen moyen. Mais en fait, jamais un chien n'a été agressif. Ce qui démontre bien que quand un chien est agressif, cela vient du maitre, et qu'en Europe, nous avons donc un nombre certain de parfait abrutis !

 

Aujourd'hui ai donc fait des folies. En plus de ma nuit d' «hôtel », 3 repas, des bouteilles d'eau dans la journée et diverses bricoles, et ai donc dépensé pas moins de 10 euros ! Je m'emballe ! Mais bon, sans rire, ai presque plus de tune, et si je veux partir un jour de ce bled oublié, va falloir rationner !

 

A l'aube de ce mardi, suis donc parti dans les rues discuter avec toute âme qui vive, à la recherche d'un cargo, bateau, sous-marin, voiture, camionnette, moto, avion, palmes, à dos d'indigène, bref tout moyen possible pour me casser ! Tout le monde a bien le beau-frère de la belle mère d'un fils de lait du cousin de celui qui a cru voir l'ours qui va peut-être venir bientôt, et repartir dans bientôt plus x jours. Bref, plein de projets pour les mois à venir, mais au final, suis bien prisonnier de cette ville. Ce qui me fait évidemment penser à divers films, ou à la série « le prisonnier »(mais sans les boules) où le héros reste bloqué un certain nombre d'années. J'aurai pu trouver un endroit plus paradisiaque pour rester bloqué !

 

Par contre, le fait d'être là depuis quelques jours et d'être le seul étranger, on me dit bonjour partout, on me hèle dans la rue, style : Eh, le Suizo, j'ai un truc pour te faire sortir d'ici. Et l'on me reparle du cousin de la grand-mère par alliance qui va peut-être venir visiter le fils adoptif du neveu d'un ami, mais c'est pas sur ! Et l'on parle beaucoup avec moi, pour savoir d'où je viens, ce que je fais dans ce pays et surtout ce trou perdu (un m'a d'ailleurs dit qu'il devrait changer le panneau Bienvenue à Bahia Negra par bienvenue en enfer), et la chance de voyager aussi longtemps.

 

Il est un fait que le paraguayen, tout comme la majorité des pays du coin, même en travaillant une bonne partie de sa vie et économisant ferme, pourrait juste s'offrir une virée de quelques jours autour de son village ! Et qu'une bonne partie des européens, à fortiori les Suisses, ont quasi tous la possibilité de partir faire un voyage autour du monde pour 1 an sans trop d'effort. Juste une question de volonté et d'être moins frileux de l'étranger. Mais les gens préfèrent s'acheter un gros 4x4, qui est vrai, est de plus en plus utile pour affronter les rues défoncées pendant les travaux du tram à Genève ! Mais le gros 4x4, c'est 2 ans de tour du monde !!! Le Suisse ne sait donc pas la chance qu'il a de vivre dans un pays au salaire élevé ou le monde s'offre facilement à lui ! Que d'excuses n'arrivent pas à inventer les gens pour justifier leur immobilité ! Quelle misère, oui ! Quant à moi, je savoure chaque jour cette chance que j'ai de pouvoir découvrir le monde. Même quand je suis dans un bled de m... à glander sec ! Qu'on se le dise !

 

Dans mes errances matinales à la recherche d'un quelconque sauveur, suis tombé sur le poste de police. Dans une rue à l'écart, une maison pas finie que l'on croirait abandonnée. Autant ceux de la base naval ont l'air plus ou moins sympa, sur la rue principale, vue sur le fleuve et les gens qui déambulent, autant que les 2 policiers (sans doute en punition) doivent s'emmerder ferme. C'est ainsi que je me suis fait alpaguer, histoire sans doute d'égayer la journée, et surtout de soutire quelque sous au routard fortuné. Donc contrôle de papier. Que c'est pas bien de ne pas m'être présenté spontanément au poste pour annoncer ma présence (c'est nouveau, ça ?), contrôle du carnet de vaccination (nouveau aussi, tient !), vérification que j'ai bien tout le tuttim, en passant par vérole, la pécole et j'en passe. Et de constater que je n'ai pas la grippe porcine, désormais obligatoire (ça c'est nouveau aussi) au Paraguay.a police. Que le délai dans le pays est de 30 jours et que je l'ai donc dépassé (c'est 90, au cas où, au Paraguay), bref, c'est la merde, et suis donc un dangereux contrevenant. Alors on me demande le prix de mon hôtel, de mes diverses bouffes, si j'ai bu beaucoup de bière hier soir (si, si !!), combien elles coutaient, ce que j'ai mangé, et où est mon complice japonais ! Et tu as 5000 dollars sur toi ? Amusant, les bougres... L'avantage, avec le temps, c'est que je suis d'un stoïcisme parfait, que je me débrouille pas trop mal en espagnol , et que dans ce bled, je ne suis pas pressé !!!! Ai donc pris la technique du gogolito local. Je n'ai plus rien dit, sourit, et.. attendu. Et qu'est e qu'on fait, maintenant, me disent.ils ? Pas grand chose, on attend... Un bus, un avion, une barque.... Au bout de 30 minutes, lassés, m'ont rendu mon passeport, et tchô, bien le bonjour chez vous ! Je ne vous ai pas pris la maison ni les flics en photo, désolé, mais me suis dit qu'il ne fallait pas abuser !

 (finalement l'ai prise un peu plus tard. Elle avait l'air plus désolée quand  je suis assé devant...)

Il est 17h, et j'ai 3 opportunités ! Et plus la cousine de l'ours qui a vu le grand père paternel du grand oncle, etc...

Un gus part demain en voiture pour Asuncion, via Filadelfia. Pas ma route, et un grand détour, mais faut pas être difficile !

Un cargo passe dans la soirée, et la base navale va demandé au capitaine si un passager, sympa et propre sur lui (j'ai nettoyé la boue) pourrait faire un bout de route avec eux, jusqu'au prochain port brésilien. (c'est le chemin que j'ai déjà pris, mais faut pas être difficile !)

Et avion de la force paraguayenne a atterrit aujourd'hui, et repart demain matin. Reste à trouver le pilote (qui ne devrait pas être loin de la base navale) et négocier avec lui. Ce n'est pas mon chemin (Asuncion), ça risque de couter un peu, mais faut pas être difficile !

 

Bref, demain, je ne sais pas encore comment et à quelle heure, je devrais me casser de bled perdu et oublié !

 

Il est temps de se taper une petite bière et un hamburger pour me féliciter de toutes ces recherches et peut-être du transport miraculeux qui va m'emmener loin d'ici !

Publicité

Publié dans Paraguay

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article